FAQ

Que pensez-vous du rôle de l’humour dans la communication de crise ?


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Question : 

« L’humour est-il un levier de communication de crise ? Faire rire n’est-il pas le meilleure moyen de gérer efficacement une crise ? « 

Réponse : 

Autant nous sommes convaincus que l’humour est efficace au service de la conduite du changement, autant l’humour est souvent mal compris et malvenu dans une communication de crise alors qu’une crise a fait des victimes qui sont dans la douleur. L’humour a souvent par le passé été générateur d’une surinfection des crises.

Choc culturel entre filiales, tensions autour d’un gros projet stratégique, évolution du statut d’une entreprise à l’issue d’une fusion acquisition, changement d’organisation ou de gouvernance, bouleversements multiples déstabilisant le personnel, cloisonnement trop important de fonctions ou départements, managers à motiver… autant de problématiques de crise où la composante humaine est essentielle et où le rire peut aider à surmonter des situations difficiles.

Le rôle d’une agence de communication de crise à Paris, comme la notre, est de diagnostiquer les zones de tension, les incompréhensions, malentendus, frustrations puis en rendre compte en passant par l’émotion. 

Cette démarche de l’humour peut aider dans des situations compliquées et sensibles mais rarement dans les crises. La démarche humoristique est a priori insolite, mais elle n’a rien de farfelu.

Le comique peut être efficacement mis au service de la conduite du changement par exemple.

Pointer les travers d’une organisation et de ses acteurs par le rire… ça marche dans la société, pourquoi pas dans l’entreprise ? 

Dédramatiser une situation collective sensible sans victime et en dehors des périodes de crise est possible par le comique. 

La valeur ajoutée de ce type de prestation est justement de trouver des ressorts comiques là où se trouvent les tensions. L’effet «thérapeutique» passe par la dédramatisation, l’expression des non dits, la valorisation de tous -même ceux qui sont moins visibles dans l’organisation, la prise de conscience en douceur des points de blocage. Rien de neuf dans le principe.

De la comedia dell’arte aux one man show d’aujourd’hui en passant par Molière ou les Guignols, le rire s’amuse des dérapages. De la raideur engendrée par nos excès, «du mécanique plaqué sur du vivant» comme l’explique le philosophe Henri Bergson dans son essai sur la signification du comique. L’originalité réside dans son adaptation au monde de l’entreprise.

Attention au dosage

Une idée puissante mais qui nécessite un dosage subtil dans sa mise en oeuvre. Car le principe même du comique est plutôt «acide». Comme le démontre justement le philosophe : «Le rire est, avant tout, une correction. Fait pour humilier, il doit donner à la personne qui en est l’objet une impression pénible. La société se venge par lui des libertés qu’on a prises avec elle. Il n’atteindrait pas son but s’il portait la marque de la sympathie et de la bonté. Le rire exerce sans doute une fonction utile mais il ne suit pas de là que le rire frappe toujours juste, ni qu’il s’inspire d’une pensée de bienveillance ou même d’équité. Pour frapper toujours juste, il faudrait qu’il procédât d’un acte de réflexion.» La réflexion autour des objectifs du rire, c’est justement ce qui distingue la proposition du cabinet de conseil en gestion de crise. La mission d’une agence de gestion de crise comme la notre n’est pas de faire rire jaune mais plutôt de susciter la connivence et de toujours rester bienveillants dans les situations sensibles. Nous n’intervenons que sur ce qui est améliorable. Personne ne peut traiter par le rire, par exemple, une crise sociale née des licenciements des collaborateurs de l’organisation. Ce serait du cynisme kamikaze !

Une problématique précise

La majorité des missions de l’humour (70 %) répondent à une problématique précise (grand projet informatique bancaire, politique de sécurité, choc entre approches américaine et française…) ou à l’occasion d’événements d’entreprise un peu festifs.

Concrètement, la prestation commence par un audit du public visé. Nous préparons une carte des préoccupations et un diagnostic de l’entreprise par rapport au changement. Cette première phase, éponge, prend quelques jours et s’appuie sur une quinzaine d’entretiens en moyenne. Une fois ce premier rapport présenté au donneur d’ordre, le patron de la business unit ou éventuellement le DRH, la préparation du spectacle commence. La restitution à l’ensemble des collaborateurs ciblés se fait pendant environ 1h-1h30. Au total, une mission type représente 10 à 15 jours/homme. 

Les directions générales d’entreprise privées savent qu’il faut parler vrai pour faire bouger les gens.

Le rire ne suffit pas

Si le rire décoince, il ne peut pas tout non plus. Il s’agit d’une stimulation complémentaire à des missions autour de la gestion du changement. La définition du nouveau modèle d’organisation et des processus restent essentiels, généralement conduits par des cabinets de conseil en organisation. Nous travaillons parfois avec eux, en partenariat. Il arrive qu’ils fassent spontanément appel à nous pour débloquer une situation.

Sur scène, chaque sketch pointe gentiment les petits travers de la microsociété qu’il a en face de lui : commercial perdu sans son assistante attitrée et maternante alors que celle-ci se retrouve intégrée dans un pool, différents types de managers (le militaire, celui qui au contraire délègue tout…)

Le style rappelle celui de Coluche tant dans la gestuelle que la démonstration. Et l’on revoit à certains moments le comique d’origine italienne en train de vanter les mérites de la lessive qui lave plus blanc que blanc ! Le consultant en humour, face à une situation sensible, doit surtout savoir adapter son registre. Ainsi, le spectacle donné à l’occasion d’une fête du closing entre banques d’affaires, s’appuie sur la terminologie complexe des produits financiers, qui se retrouvent subitement humanisés et ne provoquent le rire qu’auprès du public très averti qui jongle quotidiennement avec ce lexique. Ce qui crée une connivence dans le public, quelle que soit leur relation. Lors de ce spectacle, certains étaient en procès entre eux et l’atmosphère de départ était plutôt tendue !